Dimanche 22 novembre 2009
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Compositeur italien né le 17 décembre 1749 à Aversa (royaume de Naples) et mort le 11 janvier 1801 à
Venise.
Ses parents étaient pauvres (le père était maçon et la mère faisait des ménages), mais ils voulurent lui donner la
meilleure instruction possible. Lorsqu’ils vinrent s’installer à Naples, ils l’envoyèrent dans une école religieuse dépendant du monastère San Severo di Patri Conventuali. Il y avait là un
organiste, le père Polcano, qui, frappé par les dons musicaux et l’intelligence du jeune garçon, prit à cœur de lui apprendre les bases de la musique ainsi que la littérature italienne, ancienne
et moderne. Grâce à lui, Cimarosa fut admis comme élève au conservatoire de Santa Maria di Loreto, où il resta 11 années, étudiant particulièrement l’œuvre des grands compositeurs italiens. Il
apprit le chant, le violon et les instruments à clavier. Grâce au castrat Giuseppe Aprile qui s’est pris d’amitié pour lui, il étudia les œuvres de Pergolese, Piccini et Sacchini.
À 23 ans, Cimarosa débuta sa carrière de compositeur avec un opéra-bouffe intitulé Le Stravaganze del Conte (les Extravagances du comte) dont la première représentation eut lieu en 1772 au Teatro dei Fiorentini de Naples. Cette œuvre fut
suivie la même année par Le Pazzie di Stelladaura et di Zoroastro (les Folies de Stelladaura et Zoroastre), une farce marquée par l’humour et la
fantaisie qui rencontra le succès. La renommée du jeune compositeur commença à se répandre dans toute l’Italie. On l’invita à Rome pour qu’il y produise un opéra pour la saison théâtrale de cette
année-là et ce fut une autre œuvre comique L’Italiana in Londra (l’Italienne à Londres).
Pendant les 13 années suivantes, aucun fait marquant n’est à noter dans la vie et la carrière de Cimarosa, sinon qu’il
écrivit de nombreux opéras pour les différentes scènes italiennes, résidant à Rome, Naples ou là où l’appelait son travail.
De 1784 à 1787, Cimarosa vécut à Florence et se consacra entièrement à composer pour l’opéra de cette
ville.
Les œuvres de cette période sont nombreuses, principalement des opéras, comiques ou seria, des cantates, et d’autres
compositions sacrées parmi lesquelles un très beau Requiem (Missa pro Defunctis), l’opéra seria Caio Mario, des oratorios bibliques Assalone, La Giuditta et Il Sacrificio d’Abramo, ainsi que
Il Convito di Pietra et La Ballerina amante, opéra comique créé à Venise et plus de 80 sonates pour
clavecin dont 32 furent publiées pour la première fois à Paris par F. Boghen en 1926 qui rencontra un grand succès.
Au cours du voyage en Italie, Goethe assiste à une représentation de L’Impresario in Angustie (Le Directeur dans l’embarras), petit chef-d’œuvre d’opéra bouffe en 1 acte qui met en scène un directeur d’opéra aux prises avec les
caprices de ses divas. De retour en Allemagne, l’illustre écrivain traduira le livret et fera jouer l’œuvre en 1791 au théâtre de Weimar dont il est devenu directeur. Entretemps, la renommée de
Cimarosa s’est répandue dans toute l’Europe et plusieurs souverains désirent l’attirer à leur cour.
Vers 1788, Cimarosa se rend à Saint-Pétersbourg à l’invitation de
Catherine II. Il y restera 4 ans, obtenant la nationalité autrichienne et russe et composant énormément. On estime à 70 le nombre d’opéras qu’il aurait composés dont les noms de certains sont
perdus. Il se consacre également à la musique instrumentale avec un merveilleux concerto pour hautbois et des concertos pour flûte.
En 1792, Cimarosa quitte Saint-Pétersbourg pour Vienne à la demande de Léopold II. C’est devant l’empereur et toute la Cour qu’il produit son chef-d’œuvre, Il Matrimonio segreto (Le Mariage secret), sur un
livret de Giovanni Bertati, pétillant d’humour et de finesse, qui prend rang parmi les compositions les plus achevées de la musique vocale profane. Fait unique dans l’histoire de l’opéra, l’œuvre
sera bissé intégralement le soir même de la première à la demande de l’Empereur.
En 1793, Cimarosa retourne à Naples, où Il Matrimonio segreto et ses
autres opéras sont acclamés par une foule de connaisseurs enthousiastes. Il faudra attendre Rossini pour retrouver un tel succès. Parmi les compositions de ce dernier séjour napolitain, on doit
mentionner le charmant opéra Le Astuzie femminili (Les Ruses des femmes).
Cette période de sa vie est assombrie par les intrigues d’envieux dont son vieux rival Paisiello. Républicain convaincu,
partisan de l’unité italienne, Cimarosa salue la proclamation de l’éphémère République parthénopéenne par les troupes de la révolution française (1799) et compose un hymne patriotique pour une
cérémonie durant laquelle on brûle symboliquement le drapeau des Bourbons. Lors de la restauration de la monarchie, il s’empresse de composer un hymne dédié au roi Ferdinand IV ce qui n’empêche
pas le cardinal Ruffo de le faire emprisonner durant 4 mois. Grâce à l’intercession d’admirateurs influents, sa sentence est commuée en bannissement, et il quitte Naples avec l’intention de
retourner à Saint-Pétersbourg.
Mais sa santé est déclinante et il meurt à Venise d’une inflammation des intestins le 11 janvier 1801.
La popularité de Cimarosa, sa réputation d’opposant politique et la nature du mal qui l’a emporté firent naître une
rumeur tenace d’empoisonnement. Une enquête officielle menée par le docteur Piccioli, médecin personnel du pape, viendra bientôt la démentir.
Un demi-siècle avant Verdi, Cimarosa fut le plus engagé politiquement des musiciens italiens.
Son dernier opéra, Artemizia, restera inachevé.
Une remarquable faculté d’invention mélodique, la maîtrise de la forme, une utilisation parfaite et sans excès de
l’instrument vocal soutenu par une orchestration sans faille, font de Cimarosa le plus parfait exemple de musicien classique dont bien des pages sont dignes du meilleur de Mozart. Il fut aussi un
des premiers compositeurs d’opéra à attacher beaucoup d’importance à la qualité de l’intrigue et du livret. Entre Les Noces de Figaro de Mozart et
Le Barbier de Séville de Rossini, Le Mariage secret, chef-d’œuvre de Domenico Cimarosa occupe une place
privilégiée.
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